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Grève des cheminots : le syndicat de l’UGTA mobilisé contre les grévistes

dans Actualité/Economie

La scène vécue hier, 6 décembre, par les grévistes de la Société nationale des transports ferroviaires (Sntf) devant le siège de la fédération nationale des cheminots (FNC), sise à Alger-centre, n’avait rien de normal. Quant vous avez d’un côté, les contestataires,  majoritairement de l’unité des conducteurs de train, qui ont «provoqué le gel de tout le réseau ferroviaire algérois » et de l’autre, plus d’une centaine de travailleurs venus «soutenir la FNC et affirmer leur allégeance a la centrale de Madjid Sidi Saïd» ! «A moins que cela ne peut être expliqué autrement, les uns étaient grévistes et les autres avaient abandonné leurs postes pour venir contrecarrer l’action des premiers !», se demandait l’un des grévistes. Mais à qui profitait la situation ?

Rencontrés devant la FNC, les grévistes expliquent, qu’à travers leur action, ils voulaient dénoncer «les dernières augmentations des salaires, qualifiées d’inexplicables», selon leurs dires. Pour eux, «cela relève de la mauvaise gestion du denier public, et donc, des caisses de cette entreprise publique, la SNTF». «Il n’est pas normal qu’un aide-conducteur puisse toucher un salaire meilleur que celui d’un conducteur», dénonce un gréviste.

En effet, la FNC avait engagé des discussions qui ont duré près de 6 mois avec la SNTf. Objectif : «réviser les déroulements de carrières et donc, permettre des augmentations de salaires au personnel qui avait accumulé des années d’expérience dont la situation leur avait été bloquée pendant plusieurs années». L’accord a été trouvé le

30 octobre dernier. Les augmentations ont été enregistrées et touchées par les travailleurs pendant ce mois. Sauf qu’après discussion avec les grévistes, «il s’est avéré que ladite revendication était celle qu’ils avaient portée lors de leur grève de 9 jours en mai dernier. Depuis, ils ont été gelés du syndicat, laissant place aux proches de Sidi Said». «Nous avons demandé la classification  des postes et non le déroulement des carrières. Pour y parvenir, la loi prévoit deux méthodes.  Il y a d’abord la verticale, faites pour les cadres et ceux qui occupent des postes de responsabilité au sein de l’entreprise. Elle  sous permet de gagner en statut après avoir passé par des tests. Celle-là, elle se faisait chaque 4 ans et ne se faisait plus depuis plusieurs années.  Il y a aussi la méthode horizontale, faite pour les gens qui n’ont pas de niveau mais qui ont plusieurs années d’expérience. Ce qu’a fait le syndicat, est qu’elle a appliqué le premier pour les 12 500 travailleurs de l’entreprise publique. Ce n’est pas normal», dénonce-t-il. Du côté du syndicat, les mépris étaient à l’affiche. Le représentant rencontré dans le siège de la FNC avait qualifié les grévistes de tous les noms. «Perturbateurs, groupuscules, gourmands, minoritaires etc..», pourtant ces derniers avaient réussi à mobiliser «plus de 800 travailleurs rien que dans la région d’Alger qui compte plus de 4 wilaya». D’autres sources affirment que «la centrale avait donné instruction de casser à tout prix ladite grève de peur de faire face à une nouvelle vague de contestation avec celle de l’intersyndicale». «Cela pourra fragiliser d’avantage l’UGTA», confie-t-elle.  Et d’ajouter : «Il n’y avait qu’une seule méthode, mobiliser les uns contre es autres. Alors que ceux-là étaient en abandon de poste, la FNC leur avait donné carte blanche car son objectif était de mettre pression sur les grévistes afin qu’ils fassent marche arrière. D’ailleurs, c’est ce qui est arrivé hier. Les contestataires ont fini par mettre fin à leur grève l’après-midi. On oubliera vite cette histoire de bâclage des augmentations. C’est malheureux !»

 

Faten BALLA

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