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L’Algérie risque-t-elle de perdre le marché africain ?

dans Actualité/Economie

L’Algérie, qui veut se tourner vers l’Afrique pour son commerce extérieur, risque de s’engluer aux frontières. L’absence d’une stratégie à l’export va encore coûter cher à l’économie du pays, puisque « aucune vision à l’export » n’est mise en place, selon le président de l’Association des Exportateurs Algériens (Anexal), Ali Bey Nasri.
Intervenant sur les ondes de la radio chaine III, Ali Bey Nasri a averti que « si l’Algérie ne booste pas son rythme de réformes du commerce exterieur, elle risque d’être doublée dans les marchés vierges qui sont le Mali et le Niger » . Des pays frontaliers, considérés comme stratégiques pour les opérateurs économiques qui espèrent faire de ces deux pays leurs bases à l’export, puisqu’ils ouvrent les portes vers les marchés africains.
« Nous avons demandé d’ouvrir les frontières avec le Niger où les opérations de trocs sont en cours mais qui ne font circuler qu’une moyenne de 150 camions par semaine vers ce pays frontalier », a indiqué le président de l’Anexal.
Cette proposition fait partie des cinq propositions formulées par son association et qui ont été retenues  récemment par le Ministère des Affaires Étrangères.
« Il y a beaucoup à faire pour encourager les exportateurs algériens, mais ça reste dans le cadre du discours, puisque certaines pratiques qui freinent les exportateurs algériens, pourtant remise en cause lors des différentes rencontres avec le gouvernement, ne sont pas levées », regrette Ali-Bey Nasri qui souligne l’obsolescence de certains règlements toujours applicables dans l’activité de l’export. Il cite notamment l’urgence de réformer la règlementation du contrôle de change qui est, en l’état, « draconienne et pénalisante » pour les exportateurs.
L’externalisation des banques algériennes s’avère également urgente et impérative selon le président de l’Anexal, pour mieux gérer les dividendes à l’export et les rapatrier sans passer par des banques étrangères.
Le point positif soulevé par Ali-Bey Nasri est celui relatif à l’élargissement des délais de rapatriement des dividendes qui est passé de 180 à 360 jours, publié dans le dernier journal officiel.
Les exportations de l’Algérie, hors hydrocarbures, n’évoluent toujours pas malgré la crise induite par la chute des prix du baril du pétrole. A fin novembre 2016, la balance commerciale de l’Algérie a accusé un déficit de l’ordre de 17 milliards de dollars, puisqu’elle n’a pu exporter que l’équivalent de 26 milliards $ contre 43 milliards $ d’importations. Et sur les 80 millions de dollars d’exportation vers l’Afrique, seul 13 millions de dollars concernaient des produits hors hydrocarbure.
Le président de l’Association des Exportateurs Algériens, regrette aussi que  le cadre du traité de libre-échange avec l’Union européenne ne profite toujours pas à l’Algérie qui peine à imposer ses produits dans ce gigantesque marché. « Nous exportons à peine 20 millions de dollars en produits agricoles vers l’UE qui en importe l’équivalent de 60 milliards de dollars, notre positionnement dans cet espace est trop insignifiant », a-t-il encore regretté. Mettant en cause la réglementation des changes en Algérie qui est « obsolète », Ali Bey Nasri a appelé le gouvernement algérien à mettre cette réglementation au diapason des standards internationaux.
« Les outils de financement à l’international, la réglementation qui gère l’investissement à l’étranger sont de véritables freins à l’acquisition des marchés à l’international (…), il est grand de libérer l’exportateur algérien de ces nœuds », a-t-il encore martelé.
Les considérations politiques, parfois restreintes, des gouvernements successifs s’avèrent être les vrais problèmes qui empêchent l’émergence d’une économie exportatrice en Algérie.

Fayçal GNAOUI.


 

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