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Lounis Aït Menguellet fête ses 50 années de carrière : La constance du chansonnier

dans Actualité/Culture

 

Par Toufik Amnay

 

Lounis Aït Menguellet se produira le 1er, 2 et 3 juin 2017 à la maison de la culture Mouloud Mammeri, à partir de 22h00, ouvrant ainsi un riche programme de veillées du ramadan, et donnant le départ pour l’artiste à une longue tournée un peu partout en Algérie, tout au long du mois de juin.

C’est pour nous l’occasion de revenir sur son actualité de cette année qui marque 50 années de carrière.

 

Une année de fête

L’année 2017 est et sera, décidément, l’année Lounis Aït Menguellet.

En effet, le poète/chanteur fête, excusez du peu, cinquante années de bons et loyaux services rendus à la langue kabyle, à un public fidèle, à la poésie et musique universelle, à l’Art dans toute sa noblesse… Bref, Lounis Aït Menguellet fête cinquante années de carrière.

Il est important de souligner que peu d’artistes peuvent se vanter d’avoir cinquante années au compteur, et d’en promettre beaucoup à l’avenir. Cependant, chez Lounis Aït Menguellet, ça n’est pas seulement le temps passé (et à venir) qui compte, mais surtout et par-dessus tout, la constance. La constance dans la production, la constance dans la qualité de la production, mais il serait plus juste de parler d’évolution constante dans son œuvre, que ce soit par la richesse et diversité des thèmes, par la façon de les appréhender, par le souci acharné d’offrir à chaque fois un trésor de réflexion philosophique, d’analyse politico-sociale, d’introspection autocritique qui vaudra pour le plus grand nombre, de psychothérapie par la musique et les mots.

Une autre constante de taille est la capacité de cet artiste à séduire encore et toujours les générations nouvelles qui ne le quittent plus, tout en sauvegardant le capital d’admirateurs accumulé depuis ses débuts et ne l’ont jamais quitté ; les uns n’excluant pas les autres, au contraire, puisque ce sont souvent ses adulateurs de la première heure qui transmettent leur passion à leurs enfants et petits-enfants.

Des salles combles et un public comblé

Lounis Aït Menguellet marquera cet anniversaire tout au long de l’année par des représentations, des émissions et beaucoup d’autres choses encore. Après un Zénith de Paris éblouissant le 15 janvier dernier, au programme originalement riche et une interprétation sur scène sublime, il a récidivé le 24 mars à la Coupole d’Alger. La salle était archicomble, si bien qu’il était laborieux de s’y déplacer puisque chaque centimètre carré était occupé, dépassant même la capacité ordinaire de dix mille places.

Et quel plaisir que de parcourir cette salle et de contempler ce public de tout lieu, de tout âge — grands-parents, parents, enfants et petits-enfants —, de toute condition, exceptionnel par sa façon calme, sereine, mais passionnée de faire la fête. Le moins que l’on puisse dire est que Lounis Aït Menguellet est fédérateur, et qu’il ne laisse personne insensible. D’une note de sa guitare, il déchaîne les passions ; d’une phrase bien inspirée il provoque des youyous, des tonnerres d’applaudissements ou des cris d’extase.

« Tudert-nni », le nouvel album

L’année 2017 est également marquée par la sortie d’un nouvel album qui comporte sept chansons en tout. La première, Tudert-nni (cette vie-là), qui donnera son titre à l’album, est autobiographique. Le poète raconte son enfance, ou des enfances ressemblant à la sienne, et se remémore la vie difficile de l’époque, qui a vu la guerre, connu le fracas des armes, la misère, la mort et la destruction, puis il racontera l’exaltation populaire à l’indépendance avec son lot de promesses ou fausses promesses, avec en arrière-plan la désillusion qui tombera plus tard comme un couperet intransigeant. Il est intéressant de noter que cette ébauche d’autobiographie se termine au moment où Lounis Aït Menguellet se rend à l’émission « Les chanteurs de demain » en 1967 alors animée par le regretté Cherif Kheddam, et qui marque le début de sa carrière. Le poète expliquera qu’il a ainsi interrompu son récit puisque, à partir de cette date, il sortira de l’ombre et deviendra un homme public.

Dans une autre chanson, il rendra un vibrant hommage à son public, qui l’a accompagné depuis ses débuts, ou qui a pris le train en chemin, et à son nouveau public sans cesse grandissant. Il parlera de son public non pas comme d’un simple spectateur, mais d’un acteur dans sa vie, d’un témoin — tout autant que lui — d’une époque à la fortune en dents de scie. Les autres chansons parlent de désillusion, d’amour, d’enfance, d’écologie, de la dualité de la vie.

Toufik AMNAY

 

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