tunisie

Les Tunisiens manifestent contre le retour des djihadistes

dans Actualité/International

Ils étaient environ un millier de Tunisiens à manifester, hier dimanche, dans les rues de la Capitale Tunis, contre un éventuel retour de leurs compatriotes partis faire le djihad au sein du groupe Etat islamique « Daêch ».

Les Tunisiens, très affectés par l’apparition et la montée en puissance du terrorisme dans leur pays, ces 6 dernières années, estiment que le retour éventuel de ces djihadistes constituait une « grande menace » pour leur sécurité. La Tunisie compte entre 3000 et 5000 terroristes partis combattre dans les rangs de « Daêch » en Irak, en  Syrie ou en Libye.

L’action d’hier a eu lieu suite à l’appel d’un « mouvement citoyen » qui a drainé plusieurs centaines de personnes dans un grand rassemblement au centre de la capitale pour crier leur « refus » de voir « leurs » terroristes revenir au pays : « On ne pardonne pas les criminels » ont-ils entonné.

« Retour des terroristes, grande menace contre la sûreté du pays », ont brandi les Tunisiens sur une large banderole. Ou encore, « Tous les Tunisiens contre le terrorisme », ont-ils scandé.

Cette manifestation est le résultat d’un débat controversé engagé ces derniers jours en Tunisie sur l’éventuel retour de ceux qui sont partis faire le « djihad » dans les rangs du groupe Etat islamique.

Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahda a été décrié par les manifestants. Le chef de file des islamistes tunisiens avait soutenu, par le passé, l’idée de repentance pour les djihadistes qui voudraient rentrer chez eux, bien qu’il aient posé la condition d’abandonner la violence. Mais les Tunisiens ne s’avèrent pas dupes, estimant qu’un terroriste ayant subi un endoctrinement djihadiste et très bien engrainé à la guerre représente toujours une menace. « Ghanouchi, ces terroristes sont tes enfants et non pas les enfants de la Tunisie », ont aussi scandé les manifestants.

Certaines voix ont même appelé à déchoir ces djihadistes de leur nationalité. Mais cette mesure est interdite par la Constitution du pays, ce qui a motivé le président Bédji Caïd Essebsi de la rejeter : « On ne peut pas empêcher un Tunisien de revenir dans son pays, mais évidemment, nous allons être vigilants »

Son Premier ministre, Youcef Chahed, a de son côté , exprimé fermement, fin décembre, le refus de son gouvernement au retour des djihadistes; d’autant plus que le syndicat national des forces de sécurité intérieur a fait valoir que les djihadistes avaient « reçu des formations militaires et appris à manipuler toutes sortes d’armes de guerre sophistiquées. » Pour ce syndicat, à leur retour, ils pourraient rejoindre « les cellules dormantes du pays » et « élargir le cercle du terrorisme », a-t-il averti.

Le 3 janvier dernier, les forces de sécurité tunisiennes ont démantelé une cellule terroriste de 13 membres près de Sousse, à l’est du pays. Il s’agit d’un groupe spécialisé dans l’enrôlement de jeunes Tunisiens au profit de groupes djihadistes qui combattent en Libye, en Irak ou en Syrie. C’est le septième groupe de ce genre à avoir été démantelé dans le pays en moins d’une semaine.

Fayçal GNAOUI

 

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera jamais publiée

*