Abdelmalek Boudiaf à Tizi-Ouzou : Entre une révolution pour un hôpital privé et le populisme d’un ministre.

dans Actualité/Santé

 

De notre envoyé Spécial à Tizi-Ouzou, Kamel Nidane :

Le ministre de la santé, Abdelmalek Boudiaf, s’est rendu ce matin, mardi 13 décembre 2016, au chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou. Plus exactement et uniquement pour rendre visite à un « hôpital privé ».
En effet, à 10 heures tapantes, la Nouvelle ville de Tizi-ouzou, plus précisément l’hôpital privé des Chahids Mahmoudi, a connu une ambiance particulière en cette journée de grève générale des commerçants de Tizi-ouzou.
Une importante délégation débarque sur les lieux ; le ministre de la santé Abdelmalek Boudiaf et des membres de son département. Des représentants de l’ambassade des États-Unis, le Wali de Tizi-Ouzou ainsi que son staff. Le directeur Général de « Général-Electric » pour l’Afrique. Le tout accueilli par le patron dudit hôpital, en l’occurrence le docteur Mahmoudi.
L’objet de tout ce branle-bas ? Inauguration « du premier appareil Tomographie par Emission de Positons (TEP) et du premier Cyclotron (PET trace 840) de GE en Algérie », à l’hôpital Chahids Mahmoudi, en présence du Ministre de la Santé, Terri Bresenham, Présidente Directrice Générale de GE Sustainable Healthcare Solutions, ainsi que Farid Fazoua, Président Directeur Général GE Healthcare Afrique.

 

Durant cette visite, on explique en eministre-mahmoudiffet, qu’il s’agit là d’une « première solution de radio-pharmacie qui  a été fournie par GE à l’hôpital Chahids Mahmoudi de Tizi-Ouzou, un centre de pointe équipé d’une plateforme technologique multimodale globale dédiée à la lutte contre le cancer, à son diagnostic précoce, à son traitement, et à son suivi post-thérapeutique, et qui ambitionne d’être un pôle d’excellence privé en oncologie en Algérie ».
Pour sa part, Farid Fezoua, Président Directeur Général de GE Healthcare Africa, Sustainable Healthcare Solutions (SHS) ; « Le développement rapide des maladies non-transmissibles, tels que le cancer ou les maladies cardiovasculaires, est l’un des plus grands problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui dans le domaine de la santé. Ces maladies contribuent non seulement à une mortalité précoce, mais sont aussi une cause de morbidité qui affecte la qualité de vie de beaucoup d’Algériens ainsi que de patients à travers l’Afrique et le Moyen-Orient ».
Il ajoute, « Grâce à certains de nos partenariats ici en Algérie, nous intensifions aujourd’hui nos approches à travers le continent en intégrant des solutions de diagnostics holistiques. De même, nous investissons dans les services et le développement des compétences afin de participer au renforcement des capacités à travers l’ensemble de la prise en charge des patients. Nous sommes fermement engagés à améliorer la guérison des patients et à transformer les systèmes de santé à travers l’Afrique ».
Point de presse oblige, les journalistes sont déjà aux aguets… premiers propos lancés pour les besoins d’un populisme déplacé par le ministre de la santé ; « La santé de la population n’a pas de couleur politique. Cette installation est un acquis pour la santé en général, car il ne faut pas faire de distinction entre le public et le privé… »

 

2014-rhb_141271484Toufik Zaibat a inventé « Rahmat Rebbi », moi je lui dis ; « Yâinou rebbi » !

 

A propos du « fameux médicament » ( Rahmat Rebbi ), inventé par un certain « Docteur » Toufik Zaibat, diplômé de l’université de Lausanne comme l’a présenté une certaine chaîne de télévision privée, le ministre coupe court en lançant ; « C’est une fausse polémique et je n’ai aucun commentaire à faire sur cette question », préférant stopper la conférence à ce niveau. Les journalistes ne voulant pas « lâcher » le ministre de la santé sur cette question précise, ce dernier finit par lâcher ; « Pour ce « Rahmat Rebbi », lui (Toufik Zaibat ), dit que ce n’est pas un médicament mais c’est un complément alimentaire. Alors, moi je lui dis « Yâinou rebbi » ( bon courage) », avant de se précipiter de monter dans sa voiture.

 

Les étudiants en pharmacie en colèreetudiants-pharmacie

Entre temps et au moment où le ministre de la santé s’apprête à quitter les lieux de son « show » matinal, plusieurs dizaines d’étudiants en tabliers, encerclés par les services de sécurité observent un rassemblement devant le portail de l’hôpital des Chahids Mahmoudi.

Le ministre pressé de se glisser dans son véhicule en leur tournant le dos pour rentrer sur la capitale, les étudiants scandaient ; « Tous solidaires, pharmaciens en colère », « SOS, pharmaciens en détresse », « Regardez nous monsieur le ministre, nous ne revendiquons que nos droits »…
Il faut dire que le ministre n’est pas venu pour voir les véritables problèmes liés à son secteur, encore moins écouter les doléances crues et autres cris des citoyens, mais bien pour autre chose,… « Encourager un « copain » qui investit dans le secteur privé, faire deux ou trois déclarations populistes pour des chaines de télés ou même des journaux acquis au régime, avant de rentrer sur Alger la capitale et se préparer pour un autre « cirque »…

 

K.N.

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