Adlène MELLAH serait-il victime de torture ?

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Les conventions internationales entre ratification et application :

Malgré la ratification, par l’Algérie, de plusieurs pactes internationaux relatifs aux droits de l’Homme, le recours à ces textes reste très insuffisant quand il n’est pas totalement ignoré. Dontla Convention contre la torture !

Pour commencer, il faut savoir que l’article premier de la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants fournit une définition juridique de la torture internationalement acceptée. Ainsi, le terme “torture” désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment :D’obtenir d’elle ou d’une tierce personne des renseignements ou des aveux.

Le texte de cette convention fut adopté par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1984[], et, après avoir été ratifié par un 20e État, il entra en vigueur le 26 juin 1987. Cette date est maintenant considérée comme la « Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture ».

C’est en février 1992, que fut créé, par décret présidentiel, l’Observatoire national des droits de l’Homme en Algérie, en remplacement du ministère des droits de l’homme, avant d’être lui-même remplacé par la Commission nationale consultative de protection et de promotion des droits de l’Homme (CNCPPDH) portée plus sur la promotion de la réconciliation nationale du président Bouteflika que sur les nombreuses violations des droits humains abandonnées presqu’au seul mouvement associatif.

A quelques jours seulement du deuxième anniversaire de la mort suspecte du journaliste blogueur Mohamed Tamalt en détention dans les geôles Algériennes, voilà que Me ZoubidaAssoul, membre du collectif de défense du journaliste et éditeur des deux sites d’information Algérie direct et Dzaïr presse, sonne la sonnette d’alarme.

Sur un plateau télé, Me ZoubidaAssoul déclare que son client aurait été victime de torture. «Le journaliste Adlène Mellah, nous a confié qu’il a été victime de torture, (…) On lui a mis un chiffon imbibé d’eau de javel dans la bouche » Conclut Me Assoul. Une pratique qui semble étonnée cette dernière.

Le procès tant attendu :

En détention préventive depuis le 22 octobre dernier, Adlène Mellah, a été interrogé Lundi 19 novembre 2018 par le juge d’instruction du tribunal Abane Ramadan à Alger. Selon Me AbdelghaniBadi, membre du collectif de défense d’Adlène Mellah, les chefs d’inculpations du détenu sont : La diffamation, la menace et l’atteinte à la vie privée.  Il a aussi noté que l’accusé est poursuivi avec le code pénal et non celui de l’information.

Se trouvant dans un état de santé inquiétant. Adlene Mellah avait entamé une grève de la faim depuis plusieurs jours. Suite à ces pressions, sa femme fait une fausse couche provoquée par les nombreuses tensions et stress suite à l’emprisonnement abusif de son époux.

Son procès s’est déroulé en ce matinau tribunal AbaneRamdane. La justice a fini par réagir face aux pressions de la mobilisation enclenchée en faveur de la défense de la liberté d’expression en Algérie, lit-on sur nombreux sites d’informations.

Des journalistes et des militants engagés en faveur de la défense de la liberté d’expression ont organiséun important rassemblement devant ce tribunal d’Alger-centre.

Lorsqu’à 10H30 Adlène Mellah arrive au tribunal, les manifestants crient « Liberté pour Adlène ».

L’Acte de torture n’a pasété évoqué lors du procès :

Nous avons souhaité que l’accusation de torture soit évoquée lors de cette audience d’aujourd’hui, afin d’informer l’opinion publique et les hauts responsables de l’Etat que cette pratique est toujours d’actualité aux seins des commissariats et des prisons pénitentiaires Algériennes. Contrairement à ce qui a été déclaré par la délégation Algériennes lors de l’examen de l’Algérie par le comité des droits de l’Homme de l’ONU en Juillet dernier.

Pour rappel, parmi certaines mesures revendiquées pour l’occasion : « Modifier les lois qui restreignent indûment les droits à la liberté d’expression (article 19), de réunion pacifique (article 21), de religion (article 18) et d’association (article 22) ». « La libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux, notamment leurs droits à la liberté d’expression et de réunion ».

L’audience, n’ayant pas duré longtemps, l’acte de torture subit par Adlène Mellah lors de sa détention, n’a pas été évoqué selon plusieurs sources concordantes.

Au terme de ce procès, la sentence a été prononcée :

Liberté provisoire pour le journaliste. Le procès est reporté pour le 19 Février 2019.

 

Lila MOKRI

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