ALI MECILI : LA CULTURE HUMAINE DE LIBÉRATION.

dans A la Une/Actualité

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L’honneur est l’étendard de la vérité
Le souffle de sa puissance habite
Les femmes et les hommes qui le portent
A bras-le-corps
Contre vents et marrés
Contre le crime fondateur
Contre le crime usurpateur
Contre le crime corrupteur
Contre le crime assoiffé
Du sang de notre sang
Des larmes de nos mémoires
De nos rêves et de nos espoirs
Trahis et mutilés
Contre l’oubli
Contre le mensonge
Contre la compromission
L’âme et le cœur dédiés
A l’hymne que chante le printemps
Sur le visage de l’enfant :
« Justice ! Justice ! Justice ! »

L’impensé de l’histoire, les crimes commis contre ses faiseurs, les assauts contre la vérité sur ces crimes, la chasse policière à nos mémoires, les tentatives de destruction de l’humain en chacun de nous, « les fleuves de sang », les assauts contre le rêve algérien, le printemps citoyen de l’Afrique du Nord et de l’espace méditerranéen, ne peuvent avoir raison des femmes et des hommes d’honneur.

Maître Ali Mécili,

Pas moins de 31 printemps pleurent ton assassinat le jour funeste du 7 avril 1987 par les serivces secréts algériens sur le sol français.

La lâcheté des raisons d’Etat d’hier et des raisons sécuritaires d’Etat d’aujourd’hui, celles d’un Etat qui a éteint les Lumières de sa mémoire, de sa conscience et de son intelligence pour les livrer à la triste condition historique de la nuit coloniale, et celle d’un régime illégitime, criminel et mafieux, porteur du « syndrome postcolonial », continue à ériger l’impunité de tes assassins en obstacles à l’émergence de la vérité et au triomphe de la justice sur ton assassinat.

Comme si ton assassinat ne leur suffisait pas, ils leur fallait assassiner ta mémoire, l’histoire de ton combat. Il leur fallait faire disparaître à jamais jusqu’au moindre souvenir de « L’affaire Mécili ».

Comme pour lui offrir l’onction électorale, le régime algérien du crime et de la l’argent sale a présenté ton assassin, « l’obscur proxénète », comme tête de liste RND à Aït-R’zine, aux dernières élections municipales !

Seulement, les femmes et les hommes d’honneur de cette commune de notre belle et rebelle Kabylie, les militantes et les militants qui portent ton idéal démocratique ont fait échec à cette sale besogne.

Encore une fois, les enfants du peuple algérien ont fait preuve de leur attachement viscéral à tout ce que tu représentes. Ils ont montré qu’ils n’ont pas oublié, qu’ils n’oublieront jamais que les balles qui t’ont atteint à la tête, le 7 avril 1987, visaient leur mémoire et leur conscience collectives, leurs espoirs. Ils n’oublient pas qu’en te ciblant, tes assassins voulaient assassiner en même temps le rêve algérien et l’humanisme du combat qui le porte.

Cher Ali,
A l’échelle individuelle, le possible est un art. Sur le plan collectif, sa construction est une culture. Cet enseignement, nous le tenons du combat de ta vie, celui d’une Algérie libre, plurielle et diverse. Une Algérie heureuse où la puissance subversive de « la parole populaire » remet l’humain au cœur du combat pour les libertés démocratiques, réhabilite le politique, offre à la société les moyens d’opérer une métamorphose citoyenne historique.

Une Algérie où « la parole populaire » fait événement !

Quelques jours avant ton assassinat, le 22 mars 1987, lors de la conférence du MDA, tu as expliqué le sens historique de la proclamation de Londres signée par notre seul Président légitime Hocine Aït-Ahmed et Ahmed Ben Bella en décembre 1985.

En effet,  tu as magistralement décliné une vision profondément humaine, hautement citoyenne, intellectuellement clairvoyante et politiquement transcendante, du combat pour la pluralité en Algérie :

 » Nous disons que la pluralité d’aujourd’hui est la garantie de la pluralité de demain. C’est-à-dire que c’est aujourd’hui, dans le respect de l’indépendance et de l’autonomie de chaque parti politique, de chaque mouvement, que nous créons les conditions de la démocratie de demain, c’est dans la mesure où nous pouvons prouver au monde, et avant tout au peuple algérien, que nous sommes capables de nous accepter avec nos mutuelles différences et que nous sommes capables de débattre librement de nos divergences – Dieu sait qu’il doit y avoir des divergences y compris au sein même de nos propres mouvements ! – C’est dans cette mesure seulement que nous deviendrons crédibles pour dire aux gens que demain en Algérie il y aura une véritable démocratie avec le pluralisme politique véritablement respecté. C’est donc une condition essentielle de notre combat. »

Cher Ali,
Tu nous as appris que seule la crédibilité de ses acteurs permet au combat démocratique de mobiliser les richesses populaires. Cette crédibilité, il nous est donné de la bâtir en transcendant nos limites, en vivant pleinement nos différences, en ouvrant des espaces de débat pour libérer la parole et promouvoir l’écoute, en construisant la citoyenneté humaine en chacun de nous et chez l’Autre et en faisant du « Nous » une culture d’épanouissement individuel et collectif.

Le poète révolutionnaire que tu étais nous as également enseigné  » qu’il n’y a pas d’autre alternative que l’alternative démocratique, que seule l’action conjuguée des mouvements politiques et des masses algériennes pourra pousser les pouvoirs en place soit à se transformer, et ce serait la meilleure des solutions bien que nous n’y croyions guère, soit à laisser la place finalement à la parole populaire, à la possibilité pour le peuple algérien d’élire librement ses représentants à une assemblée nationale constituante qui elle seule à le droit, qui elle seule pourra définir en toute liberté et dans le pluralisme politique retrouvé, les voies et moyens d’édifier dans notre pays une authentique démocratie décentralisatrice. »

Enfant du peuple épris de liberté, tu as eu la clairvoyance de comprendre que toute tentative de pousser le régime à opérer des réformes dans le système de l’exercice de la souveraineté était vouée à l’échec.

En ce sens, le régime algérien a toujours perçu toute initiative de réhabilitation de la légitimité populaire pour instaurer un système étatique où le processus de décision politique ne dépasse pas le cadre institutionnel, comme un signal de guerre.

Cela dit, tu as toujours porté l’espoir de voir le peuple algérien reprendre le sens de son histoire et les destinées de sa patrie. Ce peuple, tu l’as toujours aimé. Cette patrie, tu l’a admirablement chérie.

Cet amour patriotique, ceux qui n’aiment ni le peuple algérien, ni l’Algérie, te l’ont fait payé au prix de ta vie !

Ton assassinat était un avertissement lancé par les criminels des serivces secrets à tous les démocrates algériens. Aussi, il augurait des tueries d’octobre 1988 à Alger et des  » fleuves de sang » de la guerre contre les civils des années 1990. Une « sale guerre » de destruction massive de la société algérienne.

LE « MYSTIQUE RÉVOLUTIONNAIRE » :

Cher Ali,
L’amour que tu vouais à ton pays et – à travers lui- à l’humanité entière, était celui du soleil à sa lumière, celui du poète à sa muse, celui de l’homme d’honneur à la liberté, celui de l’ascète politique ayant accompli une transcendance dans le sens de l’idéal démocratique, de l’Autre et du dépassement de la limite de l’âge par une ambition généreuse et une oeuvre multidimensionnelle, instructive et constructive.

Le récit de ton engagement politique nous est fidèlement transmis par ton frère d’âme, de sang, de cœur et de combat, notre seul Président légitime, Hocine Aït-Ahmed, dans son livre l’Affaire Mécili, réédité chez les éditions La Découverte en 2017, au trentenaire commémoratif de ton assassinat. L’extrait suivant en est édifiant :

 » Mécili ne voulait pas que la révolution déraille et que l’avenir de l’Algérie soit compromis. Il savait qu’on n’adhère pas à la démocratie comme on embrasse une religion ou une carrière. L’engagement démocratique exige une attention permanente et une véritable obsession de la liberté devant les menaces autoritaires ou simplement les pulsions de domination. »

Cet engagement de mystique démocratique, l’optimisme qui te caractérisait, la passion qui t’animait, Hocine Aït-Ahmed nous en décline l’enracinement populaire au sein de la Révolution algérienne :

« pur produit de la Révolution algérienne, il était homme d’action, il était positif. Son cheminement politique avait été marqué par la mystique révolutionnaire qui s’était saisie de la jeunesse algérienne. Il identifiait peuple et révolution. Être révolutionnaire signifiait pour lui militer au sein des masses, et il a été révolutionnaire comme il a été artiste et cameraman : avec passion et ingéniosité. »

Ton peuple, le nôtre, était pour toi la source intarissable de tout ce le combat pour la liberté a de noble.

Les enfants de ce peuple, les tiens, les nôtres, tu les a vu se forger en révolutionnaires dans la douleur du sacrifice et l’honneur de servir la patrie.

Durant ta jeunesse, tu les as vu affronter la cruauté coloniale en souverains. Cette souveraineté, tu l’as toujours admirée.

A ce titre, les manifestations de décembre 1960 ont été pour toi révélatrices de « leur ferveur révolutionnaire » et de « leur maturité politique. »

C’est ce que tu as écrit à tes amis italiens, Marco et sa femme Puci, dans une lettre datée du 12 décembre 1960.

Laissons Hocine Aït-Ahmed raconter cet épisode :

« Ali, comme ses camarades de la cellule FLN du lycée Ben Aknoun, appartenait au service d’ordre, et comme aux, il était chargé d’informer la presse française et internationale du déroulement des manifestations. Le formidable phénomène d’autodiscipline qui permit aux manifestants de déjouer les pièges de la provocation et de la violence lui facilita la tâche, au moins pour les affaires de sécurité. Écoutons Ali rendre à César – en l’occurrence aux algériens – ce qui lui était dû :  » Nous n’avions rien à leur apprendre, nous avions tout à apprendre d’eux. Leur ferveur révolutionnaire n’avait d’égale que leur maturité politique. Leur détermination à prouver la vanité de toute solution militaire, et cette espèce de souveraineté tranquille face à la mort et à la brutalité coloniale leur ont valu cette admiration et ce respect qui demeurent aujourd’hui encore. »

De son côté, le peuple algérien ne peut pas vouer à l’oubli l’un de ses meilleurs enfants et la mémoire de l’affaire de son assassinat.

LES DANGERS DE L’IMPASSE HISTORIQUE :

De l’assassinat politique de celui qui était « le porte-parole de l’opposition algérienne », le pouvoir algérien est passé à l’assassinat du souvenir de « L’affaire Mécili ».

En cette sale besogne, les deux raisons d’Etat -celle de l’ancien colonisateur et celle de l’ancien colonisé- ont pesé dans la construction de l’impunité pour « l’obscur proxénète », l’agent au « grade civil » des services de la police politique algérienne qui a assassiné Maître Ali Mécili.

Aujourd’hui, les raisons sécuritaires d’Etat de l’ancienne puissance coloniale et du régime porteur du « syndrome postcolonial » ne se contentent plus d’imposer un non-lieu à nos mémoires.

Elles veulent « tourner la page », à défaut de la déchirer.

C’est dans ce contexte que le régime algérien a tenté de « laver » « l’obscur proxénète » et ses protecteurs de leur crime via l’urne.

Cette tentative criminelle visait à mettre à l’épreuve de l’oubli la conscience populaire. Aussi, elle avait pour objectif d’inciter les populations en Kabylie à céder les espaces de souveraineté locale échappant au contrôle du régime à ses représentants partisans et à ses relais parmi la mafia locale.

Elle traduisait enfin un message adressé à toutes les familles des victimes, à toutes les militantes et à tous les militants qui se battent pour que vérité et justice soient faites sur tous les crimes commis et tous les massacres perpétrés depuis le crime fondateur dont a été victime Abane Ramdane : le régime ne livrera aucun de ses décideurs à la justice !

Face à la crise de fin de cycle qu’il vit, le régime agite le spectre du chaos généralisé pour anesthésier le peuple et rendre impossible toute mobilisation pacifique pour le changement démocratique en Algérie.

Actuellement, nous assistons à la construction d’un simulacre autour de la prochaine élection présidentielle.

Pour donner à ce simulacre une puissance attractive, le régime multiplie les diversions. En ce sens, il est servi par des « acteurs » issus d’une construction artificielle d’un personnel à obsolescence politique et économique programmée.

Pour la réussite de l’opération du legs du système de l’exercice du pouvoir et des réseaux informels de la distribution de la rente aux descendants de ses décideurs, le régime opère une mobilisation massive de sa base sociale.

A cette mobilisation s’ajoute celle de la base sociale de « la françalgérie ».

L’instrumentalisation politicienne du religieux, des identités segmentaires et de l’enjeu majeur que constitue l’immigration dans le contexte d’une géopolitique de conflit n’est pas en reste.

Le tout est d’empêcher toute initiative politique de sécularisation de la vie publique et de construction d’une identité citoyenne transcendante d’aboutir.

En effet, la religiosité populiste, le fondamentalisme « laïciste« , l’intégrisme « ethniciste », les forces conservatrices entretenues au sein des Etats postcoloniaux, « le fétichisme démocratique » des puissances occidentales, leurs visées néocolonialistes et le maintien des sociétés de la rive sud de la méditerranée dans la condition de ne pouvoir produire leur propre histoire – quand elles ne sont pas massivement détruites !- empêche tout remembrement culturel de l’espace méditerranéen.

Dans sa brillante analyse, intitulée « L’imaginaire collectif confronté à l’histoire mythologisée, les violences religieuses et la sécularisation », le Pr Ahmed Benani explique :

« Sans doute conviendrait-il alors de distinguer entre la sécularisation-désacralisation objective de l’activité politique et sociale- et la laïcisation entendue comme un phénomène plus subjectif et idéologique qui entraîne une mise en question des valeurs religieuses en tant que telles.

Dans les pays du Maghreb et du Machrek, le concept de laïcité (auquel je préfère celui de sécularisation) en tant que tel n’a pas de sens, ce qui ne signifie pas pour autant que l’attachement à l’Islam soit par nature anti-moderne. De fait, comme le souligne Burhan Galioun, l’Islam a été pour les pays arabes et musulmans tour à tour le support d’une identité nationale ou communautaire face à la colonisation ou à l’agression étrangère, la première source de légitimation des transformations sociales modernes pour devenir aujourd’hui l’expression des frustrations et des revendications de masses laissées pour compte ou marginalisées par leur propre régime. »

Par ailleurs, la construction mythique d’un récit autour de l’Impensé de l’histoire et l’interdit imposé à la diversité culturelle maintiennent un pays comme l’Algérie dans une impasse historique le menaçant d’une partition sanglante.

Cette impasse, cher Ali, tu as sacrifié ta vie pour montrer que l’Algérie les moyens d’en sortir.

LA NÉCESSITE D’UNE MÉTAMORPHOSE DÉMOCRATIQUE

Cher Ali,
Au carrefour de tous les combat démocratiques, tu restes l’homme politique algérien qui incarne la jonction entre le combat pour le droit du peuple algérien de vivre pleinement la réalisation de sa culture Amazigh et le combat pour les libertés démocratiques.

A cet effet, le 20 avril 1980, reste l’une des dates majeures de l’histoire de ton combat, de celui de Hocine Aït-Ahmed et de tous nos illustres aînés.

Tu voulais que la société algérienne se libère, se renouvelle et remette le pays sur les rails historiques de l’édification d’un système politique légitime.

Sur ce plan, le récit de son histoire révolutionnaire aurait pu lui donner les moyens d’engager une métamorphose démocratique.

Mieux encore, cette métamorphose aurait pu faire de la jeunesse algérienne la locomotive de l’histoire dans la construction humaine d’une citoyenneté nord-africaine et méditerranéenne engagée dans la réalisation civilisationnelle de « la terre-patrie« , celle des peuples.

Seulement, le régime avait d’autres desseins pour l’Algérie : les tueries d’octobre, « la sale guerre », les disparitions forcées, le chaos local en Kabylie et dans le M’zab, les assassinats ciblés…

Cela dit, le peuple algérien est loin d’avoir dit son dernier mot.

Aujourd’hui encore, nombreux sont les syndicats autonomes, les organisations de défense des Droits de la personne humaine, les comité autonomes des médecins, les enseignants, les militants et les militantes du combat pour les libertés démocratiques qui continuent à se battre contre la hogra.

Cependant, nous ne sommes pas dupes de la situation dans laquelle se trouve actuellement la représentation organisationnelle du combat politique en Algérie et dans l’ensemble des Etats postcoloniaux de la rive sud de la Méditerranée.

D’ailleurs, en ce monde globalisé, elle n’est pas à dissocier de la situation actuelle de la conscience civilisationnelle humaine.

C’est ce que démontre, Edgar Morin, dans son texte « changer de voie du 17 février 2016 », reproduit dans le recueil intitulé « Où est passé le peuple de gauche ? » :

« La politique des partis est aveugle. La conscience des intellectuels est ailleurs. L’intense activité infrapolitique et suprapolitique qui se manifeste de plus en plus devrait susciter une grande confédération de tous les efforts créatifs d’un autre futur, associatifs ou individuels, qui auraient pour orientation commune la convivialité, la solidarité, l’épanouissement personnel dans la communauté ».

Par ailleurs, Edgar Morin préconise « la création d’une force historique » pour « une nouvelle voie ».

Cher Ali,

Ton combat est la démonstration que la construction de la légitimité commence l’échelle de l’être politique et social de chacun de nous. Elle s’étend en suite à l’ouverture des espaces de libre débat pour renouveler notre être collectif dans notre langage.

Ainsi opère-t-elle une métamorphose individuelle et collective, renouvelle toutes les formes de représentation, autonomise la société, l’ouvre sur les différentes mémoires collectives des autres sociétés de l’espace méditerranéen et de l’humanité, lui donne les moyens de redéfinir ses territoires dans l’espace civilisationnel humain, lui permet de s’offrir ses propres sources de puissance et de pouvoir en ce contexte. C’est-à-dire se hisser au-delà de sa condition historique.

Comme l’explique le Pr Burno Latour dans sa « Leçon inaugurale » au forum « Le Mans Philo Le Monde 2016 » en répondant aux questions  » Où est le pouvoir ? Et quand on l’a trouvé, que peut-on en faire ? » :

« La dénonciation, comme l’a bien montré Luc Boltanski serait, dans ce cas, vide de sens. La règle est donc la suivante : si l’on a révélé une source légitime de pouvoir, il faut donner aussi les moyens de l’exercer à ceux à qui on s’adresse ; si la source de pouvoir est illégitime, il faut alors s’efforcer de donner le moyen de contre-attaquer, de s’établir comme contre-pouvoir.

En somme, il ne faut dénoncer le pouvoir que si cette dénonciation donne du pouvoir à ceux à qui on s’adresse. Il est inutile de le dénoncer si c’est pour offrir une leçon d’impuissance. »

Cher Ali,
Nous te faisons le serment, nous le faisons à notre seul Président légitime Hocine Aït-Ahmed, nous le faisons à tous nos illustres aînés parmi les Chouhada et les militants du combat pour les libertés démocratiques, que notre combat ne sera pas seulement celui de la dénonciation. Il sera également celui de la proposition, de la construction de la citoyenneté algérienne, de la citoyenneté nord-africaine, de la citoyenneté méditerranéenne, de la citoyenneté humaine.

Nous te faisons le serment de continuer à soutenir ta famille dans son combat pour que vérité soit établie et justice soit faite sur ton assassinat.

Nous te faisons le serment de rester fidèles aux valeurs humaines que tu as toujours portées.

Nous te faisons le serment de ne céder à aucune compromission, à aucune tentative de corruption.

Nous te faisons le serment d’élaborer un traité social d’éthique rendant visible et opérante la version algérienne de l’humanisme politique.

Nous te faisons le serment de continuer à nous battre pour une Algérie libre, démocratique, heureuse de ses diversités identitaires et de ses richesses culturelles.

Que ton âme repose en paix.

Les signataires :

Azzi Arab : syndicaliste et militant du combat démocratique.
Nacer Tabèche : ancien maire FFS d’At Yanni
Mohamed Said Ould Oulhadj : militant du combat démocratique.
Dalinda Darris Ouamara : P.pharmacie – santé publique.
Idir Tazerout ; journaliste.
Sofiane Moali : bijoutier.
Hocine Gasmi : journaliste.
Tahar Si Serir : Syndicaliste et militant du combat démocratique.
Essaid Aknine : démocrate impénitent.
Hacène Loucif : journliste

 

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