Assassinat de Matoub Lounes : Hattab, Louh et la patate du procureur

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Du nouveau dans la plainte déposée par Nadia Matoub, la veuve du chanteur et poète Lounès Matoub, assassiné le 25 juin 1998, contre Hassan Hattab, ancien émir du GIA et du Groupe salafiste pour « assassinat et tentative d’assassinat ».

Selon nos informations, le parquet a refilé le dossier au ministère de la Justice. Pourquoi ? C’est que l’affaire de l’assassinat de ce grand chanteur kabyle est hautement sensible dès lors qu’elle vise un émir qui est dans les bonnes grâces des autorités algériennes. Ancien émir du GIA, Hassan Hattab avait revendiqué la mise à mort de Matoub, tué dans un guet-apens sur une route de Kabylie, cinq jours après les faits.

Dans un communiqué transmis au bureau de l’AFP à Londres, Hattab indiquait qu’« une unité de moudjahidine a pris pour cible l’ennemi de Dieu, Lounès Matoub, l’a tué et pris ses armes ». Agé de 42 ans à l’époque, le barde kabyle a été tué de plusieurs balles jeudi 25 juin au cours d’une embuscade tendue par plusieurs hommes armés.

Son véhicule, une Mercédès noire, a été criblé de balles. Matoub qui a riposté avec son arme a été extrait du véhicule et achevé d’une balle dans la tête. Son épouse et ses deux belles-sœurs ont été grièvement blessées au cours de l’attaque. Rangé des maquis au milieu des années 2000, Hassan Hattab s’est rendu aux autorités en septembre 2007.

Mis sous protection des services de sécurité, notamment du DRS, il a collaboré avec eux pour tenter de convaincre des terroristes encore en activité, de descendre du maquis et de bénéficier de mesures de clémence. Il semble que sa collaboration a payé.

Résidant dans un quartier populaire sur les hauteurs d’Alger, Hassan Hattab est totalement libre puisqu’il a bénéficié d’une grâce qui a mis fin à toutes poursuites judiciaires et les condamnations prononcées contre lui.

Cette plainte de Nadia Matoub va-t-elle être rejetée compte tenu du fait que le mis en cause a été gracié ? Va-t-elle être instruite au risque de faire condamner le chef d’une organisation terroriste qui a collaboré dans le cadre de la politique de réconciliation ? C’est toute la complexité de cette affaire Matoub Lounes.

Ce qui explique pourquoi le procureur a été décidé de refiler la patate chaude au ministère de la Justice.

Slimane Nazmane

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