Le choléra, l’écologie et « les boucs émissaires » !

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« Ce qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue. », a dit un jour Simone de Beauvoir.

En fait, à force que les scandales se multiplient le citoyen devient indifférent à ce qu’il lui arrive et/ou à ce qu’il l’entoure ! Cette indifférence n’émane pas d’une inconscience ou d’inculture, mais de l’indiscipline, d’irresponsabilité et du sentiment d’injustice. Pourquoi sommes-nous là ? Est-ce une malédiction ou une simple démission : le responsable politique démissionne de sa mission, comme l’administrateur ou l’administré, chacun renvoi la responsable sur le dos de l’autre !

Cet été est marqué par plusieurs scandales allant de la drogue au Choléra, mais la seule et l’unique réponse, qui obsède les responsables et les citoyens, c’est de trouver le « bouc-émissaire » ! Pourquoi ? Afin d’endosser la responsabilité à l’autre au lieu d’assumer sa part de responsabilité ! La responsabilité est commune, elle n’est pas univoque, elle est multiple. Comment explique-t-on que le scandale de la drogue n’a pas pu mobiliser la société civile, via le système judiciaire et parlementaire, pour demander des comptes aux institutions de l’Etat ? Comment peut-on expliquer l’absence de la communication et de transparence dans la gestion de cette affaire ? Quel place et rôle que le citoyen peut-il prendre dans ce genre de situation ? Doit-il rester spectateur ou acteur ? Passif ou actif ? C’est le dilemme dont chacun à son niveau devrait y réfléchir ! Néanmoins, restant pragmatique, la corruption n’est plus une affaire de l’Etat, ni celle du citoyen, elle est devenue culturelle. Ni l’autorité morale religieuse, ni celle de l’Etat, ni celle de la bonne volonté citoyenne ne pourront, malheureusement mettre fin à ce flux qui fragilise les institutions de l’Etat et qui les déstabilisent.

La situation est complexe et compliquée pour la réduire à quelques facteurs. La responsabilité est à plusieurs niveaux, ainsi, le citoyen n’est pas souvent victime de ce qu’il lui arrive, il est aussi acteur de sa propre condition. Désormais, il est capable de rebondir et de s’organiser indépendamment de son administration. Il est temps que le citoyen exerce sa fonction ! Comment et pourquoi ? L’exemple du Choléra est infligeant, flagrant de l’état de délabrement des valeurs disciplinaires comme le sérieux, l’exigence, la rigueur et l’empathie ! Quand la corruption devient une culture pour exercer sa citoyenneté, les autres valeurs, comme l’exigence et la rigueur perdent leur efficacité ! Et quand celle-ci sont pénalisées par les personnes qui les portent, on assistera à la perte de la compétence et la suite je vous laisse l’imaginer ! L’exemple que me viennent à l’esprit c’est la gestion des ordures dans nos villes, certes il y a une responsabilité de l’Etat d’imposer des taxes aux citoyens afin d’assurer les salaires et les gestions des ordures, mais également c’est aux citoyens de respecter les heures de ramassage et les consignes d’hygiènes ! Dans la réalité, ni l’un, ni l’autres n’est en mesure d’assurer et d’assumer son rôle, le résultat qui le paye c’est le citoyen, c’est-à-dire, c’est lui qui va supporter les mauvaises odeurs, les insectes, les rats, etc. ; le tout avec l’apparition des pathologies diverses.

Faire prendre conscience à nos concitoyens par l’éducation familiale, scolaire, dans les médias c’est nécessaire, cependant, quand chacun prend sa responsabilité c’est encore mieux, car sans cela le scandale n’y sera plus un scandaleux il devient une information à communiquer, ni plus, ni moins !

Yazid HADDAR

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