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Contribution / Déjouer la dérive Mhenniste.

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Les propos tenus par Ferhat Mhenni à Londres diffèrent foncièrement de ses précédents délires. Auparavant, il avait procédé à des “levées de couleurs” dans toutes sortes d’endroits (trottoirs des Nations Unies, Parvis du parlement Européen, places publiques…). Il a paraphé des instruments internationaux imprimés par ses soins et déposés au courrier du SG de l’ONU. Il a nommé des ambassadeurs qui n’ont jamais porté de lettres de créances ni reçu d’accréditation. Il entretient autour de lui une clientèle qui s’inter change des fonctions “gouvernementales” dans une frénésie à vous donner le tournis… Tout cela après tout, le concerne et concerne ses ouilles.

Mais à Londres, il a franchi un pas. Celui de réunir les conditions soit d’une confrontation entre les Kabyles, soit d’une provocation majeure à l’encontre de la Kabylie.

Il a annoncé un processus de mise en place en Kabylie d’un “corps de contrainte” et d’une “OS” Kabyle. Là, nous ne sommes plus à Paris, Bruxelles ou New-York où il lui est loisible de jouer à la dînette sans conséquences majeures et significatives autres qu’égratigner l’image de la Kabylie.

Il s’agit donc de contraindre ; de se saisir du monopole de la violence et de la charge de garantir la sécurité. De façon immédiate,  ces prétentions impliquent deux choses :

1. Concurrencer l’Etat Algérien dans sa souveraineté sur une partie de son territoire.

2.Sommer les populations de Kabylie à se soumettre à une autre “force de contrainte” que celles instituées par la légalité algérienne.

Malheureusement, il est illusoire d’attendre d’autres choix de la part de Mhenni. Celui qu’il fait là lui est dicté par son ancrage superficiel dans la société Kabyle. Avec des partisans issus pour l’essentiel des couches sociales les plus instables, il ne lui est pas possible d’investir le champ de la représentation sociale1. Il ne peut ni se lancer dans une stratégie construite autour de l’investissement des comités de villages, ni dans une autre qui tendrait à s’imposer par des victoires électorales. Il ne peut s’affirmer que par l’agitation et la confrontation.

Jusque-là, les manifestations et les marches ont été le cadre limité de cette confrontation. Mais dorénavant, c’est toute la société qui en devient le réceptacle. Dès lors qu’un “corps de contrainte” se manifestera sur le terrain, chaque citoyenne et chaque citoyen sera sommé de se déterminer. En vérité, l’idée même exprimée par Mhenni divise déjà la Kabylie.

La gravité de l’initiative ne s’arrête pas là. Le fait que les effectifs de Mhenni en Kabylie sont plus proches de ceux d’une secte que d’un large mouvement populaire la transforme de facto en une redoutable arme contre la Kabylie. Même si tous les partisans de Mhenni se constituaient en “corps de contrainte”, leur “autorité” s’établirait difficilement sur une portion congrue du territoire auquel il prétend. Par contre entre les mains de la police politique du régime, les possibilités qu’offre cette dérive sont illimitées. Le caractère pacifiste des mouvements modernistes et démocratiques a toujours dérangé le régime2 . Là, il tient une aubaine inespérée pour lever cette contrainte. D’ailleurs, le silence et l’absence de réaction officielle sur les propos de Mhenni devrait nous interroger.

La question n’est donc plus seulement celle du délire d’un homme qui se rêve “président”. Elle est celle d’une dérive qui expose la Kabylie et l’Algérie à des drames qu’il faut absolument éviter.

Mohand BAKIR

 

 

1.On le voit bien en un temps record l’individu qu’il a chargé de son “ambassade” en France a été reconverti en “premier ministre” sans que l’on sache si l’ “ambassade” est désormais vacante ou pas.

2. En 1993 des milieux certainement proches de Betchine avaient tenté d’en venir à bout par la grossière provocation qu’il a baptisée “OJAL”.

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