ETRE PRISONNIER D’OPINION EN ALGÉRIE.

dans Actualité/Chroniques/Le mot d'Azwaw O

Il ne fait pas bon d’être un empêcheur de tourner en rond sous un régime illégitime. Les opposants politiques ( carriéristes parlementaires et opposants organiques mis à part), les militants des droits de la personne humaine, les journalistes, les blogueurs, les chômeurs et tous les citoyens qui osent dénoncer la hogra le vérifient au prix de leurs libertés, voire de leurs vies ! La preuve par les faits :

Détenus dans la cadre de la stratégie du chaos local appliquée au M’zab en juillet 2015, Dr Kamal-Eddine Fekhar et une quarantaine de ses compagnons risquent un sort semblable à celui réservé au journaliste, Mohamed Tamalt, décédé le 11 décembre 2016, à l’hôpital Dr Lamine Debbaghine de Bab El Oued, alors qu’il était détenu. A l’arbitraire de sa détention s’est ajoutée la confusion d’une mort intervenue dans des conditions que l’impunité empêche de définir.

Les trajectoires de Mohamed Tamalt, d’un coté, de Kamal-Eddine Fekhar et ses compagnons, de l’autre, sont, certes, différentes. Mais, elles se croisent à un point crucial : l’injustice d’une détention à laquelle est opposée une gréve de la faim, déterminée, en l’absence d’une mobilisation politique massive et décisive, les appareils de l’inféodation au régime et d’un démocratisme participant de l’assassinat de la légitimité militante étant soumis à l’agenda des prochaines mascarades électorales.

Pourtant, Me Salah Dabouz, président de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (Laddh) et avocat des détenus de l’affaire dite «Dr Fekhar», n’arrête pas de tirer la sonnette d’alarme sur les tentatives d’obstruction auxquelles il fait face dans ce dossier et le danger qu’encourent Dr Fekhar et ses compagnons

« Aujourd’hui, j’ai demandé à visiter Soufghalem Bakir et Addaoud Slimane. Mais, le gardien ( de la prison de Ménéa) avait affirmé initialement qu’ils ne (figuraient) pas dans le même dossier. Quand je lui ai montré l’ordonnance du juge d’instruction avec la liste de tous les détenus, il m’a dit que (même menu de ce document officiel), je ne pouvais les voir en même temps. » a dénoncé Me Dabouz, aujourd’hui (samedi 11 février 2017), sur sa page facebook.

La banalisation de la répression de la liberté d’opinion -pouvant aller jusqu’à la liquidation physique- est un signal très dangereux qu’envoie la « clanocratie » du crime et de l’argent sale à toutes celles et à tous ceux qui œuvrent à montrer que l’Algérie du peuple se situe en dehors de celle du régime dans ses différentes composantes claniques.

QU’EST-CE QU’UN PRISONNIER D’OPINION ?

La notion de prisonnier d’opinion est l’oeuvre de l’avocat britannique Peter Benenson, fondateur d’Amnesty International.

« Choqué par la condamnation arbitraire à sept ans de prison de deux étudiants portugais qui avaient porté un toast à la liberté sous le régime d’Antonio Salazar, M. Benenson eut l’idée de fonder Amnesty International, en 1961, pour combattre les injustices et dénoncer le sort de milliers d’autres innocents jetés en prison à travers le monde. Se demandant comment obtenir la libération des deux jeunes Portugais, il décide d’inonder le gouvernement de Salazar de lettres de protestations, puis il lance en mai 1961 dans le quotidien The Observer un « appel pour l’amnistie », qui aura un retentissement énorme. » rapporte Le Monde du 26 février 2005, en hommage à l’avocat décédé la veille de la parution de l’article intitulé « Peter Benenson, fondateur d’Amnesty International ».

Depuis, Amnesty International considère comme prisonnier d’opinion toute  » personne emprisonnée pour son origine ethnique, son sexe ou son orientation sexuelle, sa couleur de peau, sa langue ou encore sa nationalité, autant que pour ses convictions politiques ou religieuses. »

Cela dit, pour cette ONG, la qualité de prisonnier politique est tributaire du strict respect de « la non-violence » dans le combat mené par les détenus.

Or, en Algérie, la violence est inscrite à l’ADN d’un régime qui se nourrit de la chair des enfants du peuple.
Az.O.

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera jamais publiée

*