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En faisant le procès des journalistes, Anis Rahmani s’est condamné lui-même.

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Au box des accusés, ce jeudi 8 novembre, au tribunal d’Alger, c’est le directeur de la chaîne privée Ennahar TV, Anis Rahmani, principal plaignant dans l’affaire des journalistes emprisonnés qui devait comparaitre.

Au box des accusés, ce jeudi 8 novembre, au tribunal d’Alger, C’est aussi le rédacteur en chef de cette chaîne qui devait comparaitre.

Les deux auraient dû ainsi répondre des mêmes chefs d’inculpation, diffamation, atteinte à la vie privée, pour lesquels les quatre journalistes ont été écroués. Et pas seulement. Puisque Anis Rahmani et son rédacteur en chef auraient dû être poursuivi pour atteinte à l’image des prévenus, violation de la présomption d’innocence, faux et usage de faux, calomnie et atteinte à l’honneur des familles.

Qu’a fait donc Ennahar TV depuis le début de la garde-à-vue des journalistes jusqu’à leur incarcération ?

La chaîne de Anis Rahmani a fabriqué de faux chefs d’inculpations. Elle a qualifié les prévenus de malfaiteurs et de criminels appartenant à un réseau criminel.

Pendant plusieurs jours, Ennahar TV a diffusé en boucle ses mensonges calomnieux. Mais elle a fait pire encore : Avec la complicité mais aussi la complaisance flagrante de la gendarmerie, elle a diffusé des images des prévenus menottés sortant des fourgons de la gendarmerie avant d’être présentés devant le procureur.

Elle a montré encore les mêmes prévenus, menottés et à visages découvert quittant le bureau du juge. Il ne manquait plus qu’Ennahar Tv ne s’introduise dans la prison d’El Harrach pour filmer les prévenus dans les cellules où ils passeront 17 jours.

Partie plaignante dans cette affaire comme l’est le wali d’Alger, Ennahar TV s’est transformée en juge et procureur. Elle a instruit à charge le procès des journalistes avant même que les chefs d’inculpation ne leurs soient notifiés par le juge d’instruction.

Ils ont fait le procès des journalistes avant même que les concernés ne prennent connaissance  des faits qui leur sont reproché. Ils ont condamné les journalistes avant même qu’ils ne rentrent dans le bureau du juge, violant ainsi leur droit à la présomption d’innocence pourtant garantie par la Constitution.

Qu’aurait pensé Anis Rahmani si une autre télé l’avait montré menottes aux mains sortant d’un fourgon de police ou de gendarmerie ?

Qu’auraient pensé et ressenti les enfants d’Anis Rahmani, son épouse, ses proches en le voyant menotté sortant à visage découvert du bureau d’un juge pour être emmené en prison dans un fourgon ?

Ils auraient trouvé cela infamant, injuste, violent, dégradant et humiliant.

Ils auraient surtout trouvé cela contraire à la loi et passible de poursuites judiciaires. Ils se seraient retournés vers la justice pour demander réparation pour les graves préjudices qu’ils ont subis. C’est exactement ce que la télé de Anis Rahmani a fait subir aux journalistes et autres prévenus qu’elle a condamnés et diffamés au lieu et place des juges.

De plaignant, le Pdg d’Ennahar est devenu procureur puis justicier.

En faisant subir tout cela aux prévenus, il a rendu justice à sa propre personne.

C’est ce qu’il faut surtout retenir de ce procès qui s’est terminé par la remise en liberté des deux journalistes en attendant que les deux autres soient libérés.

Le procès de jeudi n’est pas seulement celui des deux journalistes. Il est surtout le procès d’Ennahar TV, de son PDG, Anis Rahmani et des journalistes de cette chaîne qui ont été appelés à couvrir cette affaire.

Il est le procès des méthodes dégueulasses de cette chaîne TV. La morale de cette affaire est qu’en voulant faire condamner à tout prix ces journalistes, en les ayant condamné avant même que la justice ne se prononce, Anis Rahmani n’a fait finalement que condamné lui-même. Et ce n’est pas fini…

Idir TAZEROUT

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