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La femme Algérienne, une citoyenne au statut particulier.

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Durant la guerre de libération, les conditions d’existence des civils Algériens se dégradent.

La place de la Femme dans la société a subi des bouleversements dans de nombreux domaines notamment sur le plan professionnel, politique et familial.

Elles vivent dans la peur de perdre un proche ; certaines doivent aussi assumer la charge d’un blessé ou d’invalide. Bien que mise à l’écart politiquement, la considération de la femme a évaluée à travers le temps, notamment après son engagement pour la lutte armée. Des femmes, jeunes et moins jeunes, ont prouvé par leur courage qu’elles ne voulaient pas être absentes de cette page de l’histoire.

La place des femmes dans le mouvement citoyen

Depuis le 22 Février dernier, les femmes sont descendues dans les rues pour réclamer la liberté, la dignité et mettre fin au régime de Bouteflika. Pour elles « La liberté ne se donne pas, elle s’arrache ».

Quelles soient en Algérie ou ailleurs, ces femmes sont conscientes que la défense de leurs droits est partie prenante de la construction d’une démocratie à travers des réformes institutionnelles et politiques qui répondent aux aspirations de tout citoyen.

A Paris, à Londres, à Montréal ou à Alger, des manifestants des deux sexes ont marché ensemble pour que les revendications soient prises en compte : Pour «une Algérie libre et démocratique», slogan phare, accompagnant, les deux autres, les plus répandus, « non à la prolongation du 4Eme mandat » et « Système dégage ». « En Algérie, il y a eu des générations de femmes à chaque combat. J’étais désespérée quant à la place de la femme dans la société.

Il y a eu une totale régression à l’égard de cette tranche en particulier. Ce qui est nouveau, aujourd’hui, c’est l’ampleur de la mobilisation. Elles étaient aux premières lignes des mouvements pour la démocratie le 22 février », s’exclame Nabila BERHOUNI, responsable France de Nida El Watan.

Les Algériennes de France demandent à cor et à cri le départ de tout le système mis en place depuis l’indépendance du pays en 1962, « Elles en ont ras-le-bol d’être tenues sous silence », souligne encore une militante rencontrée lors du rassemblement tenu à Paris, dimanche dernier.

Pour certaines militantes Algériennes, durant ces vingt dernières années, tout a été fait pour que la société soit privée de ses ressorts et ses mécanismes pour manifester son existence, à l’instar des autres sociétés du monde. Selon elles, ce système doit partir, l’Algérie mérite beaucoup mieux et elle en est capable, par sa richesse humaine, ses compétences et ses ressources naturelles, il suffit de la doter d’un système politique nouveau, basé sur l’État de droit et l’exercice effectif de la démocratie «Les choses bougent et ce mouvement ouvrira la voie à l’édification d’un État de droit (…) l’instauration d’une vraie démocratie, par la tenue d’élections libres et transparentes, les seules qui garantissent l’alternance de l’exercice du pouvoir, du niveau local, au plus haut niveau de la prise de décision » ajoute Mohand HADDADOU, membre du collectif des jeunes engagés pour l’Algérie. Mobilisation citoyenne à travers les réseaux sociaux : Pétitions, buzz de vidéos militantes, appels à manifester, partages d’informations. Internet relaie toutes les causes, notamment politiques et sociales.

Les décideurs ne peuvent plus ignorer cette extraordinaire caisse de résonance. Pour les militant(e)s des pays non-démocratiques, la toile a aussi l’avantage d’échapper -au moins partiellement- à la censure. D’où la réussite de ce mouvement appelé communément HIRAK du 22 Février.

« On ne va tout de même pas lancer des appels à manifester à travers un journal ou sur une télévision contrôlés par le pouvoir (…) Un retweet, un commentaire, une signature de pétition, c’est une action citoyenne » sourit un jeune sans-papier vivant en France depuis trois ans. « Certes, la personne le fait derrière l’écran, mais c’est quelque chose dont nous avons besoin, c’est une façon de nous soutenir. Comme un premier pas, prudent, dans le vaste monde de l’engagement » fini par lâcher Nassera DUTOUR, porte-parole du CFDA.

Face à la prise de conscience exprimée par la société refusant la politique de la soumission au pouvoir absolu. Ce sont des centaines de milliers de personnes, Hommes et femmes à envahir, chaque vendredi, les rues du centre d’Alger depuis le fameux 22 Février dernier.

C’est aussi le cas dans plusieurs grandes villes étrangères ou les Algérien(ne)s ont élu(e)s domiciles. Des rassemblements sont observés chaque Samedi ou Dimanche pour protester contre le maintien au pouvoir de Bouteflika.

Pour chacune des militantes rencontrées, ce mouvement de rue sera maintenu jusqu’à ce que « ce système dégage » en ne sous-estimons pas la volonté que les Algériens affichent dans la rue, car nous avons, en ces moments précis, une responsabilité historique.

 

Lila MOKRI

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