LA KABYLIE NE VOUS SERVIRA PAS DE BOUC-ÉMISSAIRE !

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« Quand trop de sécheresse brûle les cœurs,
Quand la faim tord trop d’entrailles,
Quand on rentre trop de larmes,
Quand on bâillonne trop de rêves,

C’est comme quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher,
À la fin, il suffit du bout de bois d’un esclave,
Pour faire,
Dans le ciel de Dieu,
Et dans le cœurs des hommes
Le plus énorme incendie! « 
Mouloud MAMMERI.

La jeunesse d’un peuple est la locomotive de son histoire. Elle lui permet de rêver et lui offre la puissance nécessaire pour que ce rêve devienne réalité. C’est dire que le rêve d’une Algérie plurielle, diverse, démocratique est forte d’une identité citoyenne transcendante est entre les mains de la jeunesse algérienne.

N’en déplaise aux barons claniques du régime, à ses brigands, aux bandits de ses circuits mafieux de la rente, à ses voleurs, à ses guignols issus de sa base sociale, à ses guezzanates, à ses blataguias et aux sous-produits des ignorances qu’il a institutionnalisées, la jeunesse algérienne est l’avenir du rêve algérien !

A l’occasion de la récente finale de la coupe d’Algérie ayant opposé la JSKabylie à l’USM Bel Abbes, la jeunesse algérienne présente au stade du 5 juillet s’est distinguée par une hostilité inouïe à l’égard des « officiels » présents pour ce genre de « grandes fêtes » que les décideurs, du haut de leur arrogance, « réservent » au peuple.

Dans un élan de révolte consciente, les supporteurs de la JSK ont tourné le dos à l’Hymne national et à l’Emblème de notre pays pour signifier leur rejet de l’instrumentalisation dont ces symboles de la Révolution et de la Nation Algérienne font l’objet par un régime illégitime. Le pire ennemi du peuple et de la patrie dont ils sont les enfants.

Hautement politique, ce geste met le régime, ses décideurs et tous ses sous-fifres nationaux et locaux devant leurs trahisons et leurs crimes commis contre l’histoire de notre pays, nos mémoires, nos espoirs, notre peuple et les rêves de nos enfants.

Celles et ceux qui pensent que la jeunesse algérienne n’est pas « consciente » doivent revoir leurs copies ! Ils doivent surtout apprendre à lire l’histoire du combat de notre peuple pour sa liberté.

Ce témoignage admiratif du « porte-parole » de l’opposition algérienne, Maître Ali Mécili, à l’égard des masses populaires algériennes lors des manifestations de décembre 1960 est des plus instructifs :

” Nous n’avions rien à leur apprendre, nous avions tout à apprendre d’eux. Leur ferveur révolutionnaire n’avait d’égale que leur maturité politique. Leur détermination à prouver la vanité de toute solution militaire, et cette espèce de souveraineté tranquille face à la mort et à la brutalité coloniale leur ont valu cette admiration et ce respect qui demeurent aujourd’hui encore.”

La jeunesse d’aujourd’hui porte dans ses veines le sang de celle d’hier. Ne l’oublions surtout pas !

Nos enfants n’ont pas rejeté l’Hymne des Chouhada et l’Emblème de la Révolution algérienne. Ils ont dit non à leur instrumentalisation !

Nos enfants n’ont pas rejeté notre patrie. Ils ont dit non au régime du crime et de l’argent sale !

Nos enfants n’ont pas rejeté  tout ce qui rappelle les sacrifices de notre peuple. Ils ont dit non à tout ce qui représente le régime !

Nos enfants ne rejettent pas l’Algérie de leurs illustres aînés. Ils disent non à l’héritage colonial du premier collège et du deuxième collège dont bénéficient les enfants du régime et leur progéniture !

Imaginons un instant une finale de coupe d’Algérie rehaussée par la présence de Abane Ramdane, de Larbi Ben M’hidi, de Mohamed Boudiaf, de Mourad Didouche, de Mostefa Ben Boulaïd, de Hassiba Ben Bouali, de Ferhat Abbas, de Souidani Boudjemaâ, de Hocine Aït-Ahmed et de tant d’autres parmi les meilleurs enfants de l’Algérie, cette jeunesse aurait été fière de se lever comme un seul homme derrière eux pour honorer l’Hymne national et saluer l’Emblème du combat du peuple algérien pour sa liberté. Une liberté confisquée par des décideurs qui n’ont de passé dans la Révolution algérienne que celui du crime, de la conspiration anti-révolutionnaire et de l’appartenance à la cinquième colonne de l’armée coloniale.

En ce moment de vérité, le régime n’a trouvé mieux que d’actionner l’une de ses guezzanates « parlementaires » pour appeler l’armée algérienne à commettre un génocide en Kabylie.

C’est que la Djâhiliya de l’ignorance et de la barbarie n’ont pas de limites chez certains fous furieux qui se croient tout permis !

Une folie aussi barbare est générée par l’impunité que le régime a érigée en force de domination de la société. Elle rappelle la sinistre promesse de l’un des généraux janviéristes d’exterminer « 3 millions d’algériens ». Cette « promesse », le peuple algérien en a payé le prix le plus forts : 250 000 morts et plus de 20 000 disparus.

Tout appel au meurtre, toute apologie du génocide, toute publication haineuse et raciste doit être fermement de condamné !

Le sang et les larmes, le peuple algérien n’en a versé que trop !

Il est dangereux de faire du « syndrome anti-kabyle » dont souffre le régime, celui du peuple. C’est à cette sale besogne que s’attelle des chargés de mission dans le but de construire un bouc-émissaire pour satisfaire la voracité sanglante du simulacre de la prochaine « présidentielle ».

Ainsi, le régime n’hésite pas à souffler sur les braises des idnetités segmentaires. Quitte à prendre le risque de provoquer un incendie national !

Pris de panique, il multiplie les coups de boutoir contre les syndicats autonomes, les médecins résidents, les militants des droits de la personne humaine et toute forme d’organisation ou de manifestation traduisant une volonté d’autonomiser la société.

La crise de fin de cycle que vit le régime porte le risque réel d’une situation de non-retour. Les bruits de bottes se font de plus en plus proches !

Que les choses soient claires : le Commandement militaire, la Présidence et les services de la police politique seront tenus entièrement responsables de la moindre dérive sanglante de leurs manœuvres claniques mesquines et anti-patriotiques.

Force est de constater que depuis le Printemps Amazigh du 20 avril 1980, la nature du régime n’a point changé !

A l’époque déjà, les mercenaires plumitifs de la pensée unique n’ont pas hésité à brandir le spectre de « la main de l’impérialisme » pour assigner Mouloud Mammeri et les militants du combat identitaire au tribunal d’un chauvinisme nationaliste issu de la perversion du patriotisme.

Il a fallut la lucidité éclairante de Dda Lmulud pour remettre les pendules de l’un de ces « donneurs de leçons » à l’heure de son initiation à sa propre culture, la nôtre :

« L’unité algérienne est une donnée de fait. Elle se définit, comme incidemment vous l’avez écrit, dans la diversité, et non point dans l’unicité. À cette unité dans la diversité correspond une culture vivante. La culture algérienne est, dites-vous, « sortie de ses ghettos, de ses inhibitions et de ses interdits ». Votre article est la preuve éclatante qu’hélas, elle y est enfoncée jusqu’au cou. Mais soyez tranquille : elle en a vu d’autres, la culture algérienne, et une fois de plus, elle s’en sortira. Elle s’en sortira car « toute tentative d’imposer quelque chose à notre peuple est vaine et relève de l’irresponsabilité ». C’est votre propre propos. Dommage que vous n’y croyiez pas ! »

Depuis, il est malheureux de constater que le régime n’a pas encore retenu cette belle leçon !

Comment peut-on oublier les 500 jeunes algériens morts sous les balles réelles des militaires en octobre 1988 ?

Comment peut-on oublier les 128 morts de Kabylie en 2001 ?

Comment peut-on oublier les dizaines de morts dans le M’zab et dans d’autres régions du pays ?

Décidément, entre nous et les criminels du régime, il y « un fleuve de sang » !

Cela dit, nous faisons confiance à la maturité de la jeunesse algérienne, en Kabylie ou dans d’autres régions du pays, pour éviter le piège de la violence qui lui est, encore une fois, tendu par le régime et ses relais.

Le rêve algérien, il n’y a que les enfants du peuple qui le portent. Ceux du régime font tout pour l’éteindre.

Seulement, quelle que soit l’épaisseur des nuages qui le traverseront, le ciel de notre histoire de renoncera jamais au soleil de notre rêve !

Les signataires :

Essaid AKNINE : Démocrate impénitent.
Tahar SI SERIR : Syndicaliste et militant des droits de la personne humaine.
Hocine GASMI : Journaliste.
Idir TAZEROUT : Journaliste.
Hacène LOUCIF : Journaliste.

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