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Monsieur le président : partez !

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« On ne comprend pas plus la vie à quarante ans qu’à vingt ans, mais on le sait et on l’avoue… C’est la jeunesse ! » JULES RENARD.

« Le président Bouteflika, a adressé un message à la Nation, à l’occasion du 55ème anniversaire de la fête nationale de l’Indépendance et de la Jeunesse », a murmuré l’agence officielle APS dans sa livraison de ce jour.

Puisque le fax envoyé par la présidence de la république à l’APS commence par cette phrase ; « C’est avec plaisir que je m’adresse à vous à l’occasion de la 55ème célébration de la Fête nationale de l’Indépendance et de la Jeunesse», cette dernière, lui retourne « avec plaisir » ce message ;

Monsieur le président, la jeunesse a compris que tu dois partir.

Là qu’on est encore jeunes. Là qu’on ne veut plus vieillir sous un pareil régime. Un régime qui a fait vieillir nos parents dans le déni et le mépris, et qui les pousse à mourir sans le moindre souvenir d’avoir vécu libres et dignes. Toi qui n’est autre que l’émanation d’un système totalitaire, despotique et corrompu, tu n’as rien à nous proposer sauf le suicide, la harga, l’immigration, l’immolation,… et la matraque.

Monsieur le président ! Tu sais ce que c’est d’avoir l’âge de « l’état d’urgence » ? C’est d’avoir le malheur de naître un certain mois de février 1992. C’est naître dans un pays où les cris des mères et des veuves étaient plus intenses que les nôtres. C’est téter des années durant, le sang de nos parents et de nos proches égorgés par les terroristes, téter les larmes qui coulaient des seins de nos mamans. C’est de n’avoir comme premiers jouets que les douilles des balles qu’on ramassait aux seuils de nos portes chaque matin. On apprenait à compter avec, non pas de 1 à 10, mais nos morts. C’est de se retrouver tout petit écolier, et apprendre à l’école qu’un autre écolier un peu plus grand que nous, vient de se faire tuer par un gendarme – le monsieur avec la cravate et sans cheveux a dit à la télé que c’est un voyou du lycée qui a volé la pomme à Leila wa Omaro -. Une enfance d’urgence jusque-là ! C’est de ne voir qu’une seule chaîne de télévision dont le journal de 20h est répété chaque soir et durant des années. C’est là-bas qu’on a connu notre président et nos ministres et même Beyouna ! … Avoir l’âge de « l’état d’urgence », Monsieur le président, c’est d’avoir 25 ans aujourd’hui.

En 25 ans, le pouvoir algérien a instauré la dictature, a encouragé la corruption, a réprimé l’opposition, a clochardisé la société, a volé l’argent du peuple, a élevé le taux de chômage, a blanchi les terroristes, a anéanti le pouvoir d’achat, a devisé les algériens, a tué la liberté d’expression, a trahi la mémoire de nos valeureux martyres… Mais le plus exceptionnel encore, c’est qu’il se retrouve en face d’une jeunesse qui va lui répondre en un mot, le plus juste, le plus sincère et le plus urgent ; Partez !

 

I. T.

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