Quel place accorde-t-on pour la lecture en Algérie ?

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Selon une déclaration faite par le responsable du Centre National du Livre (CNL), jeudi 18 mai, le nombre des librairies en Algérie « ne dépasserait pas 40 ».
Le danger guette la société ! L’étau se resserre pour les libraires, même s’il existe une volonté affichée pour répandre le livre dans notre société, les lecteurs, eux, désertent les lieux. Ils sont de plus en plus réduits et concentrés dans les grandes agglomérations. Ceci dit, la question de « la lecture » est fondamentale pour construire une nation qui se base sur le savoir et non pas sur la transmission orale uniquement, certes, les deux sont complémentaires, néanmoins, la chaîne de transmission orale risque de s’interrompre, ce n’est pas le cas de l’écrit.
L’écrit demande la connaissance, de l’analyse, des capacités cognitives, de la maîtrise de la langue, etc., ainsi la lecture ce n’est pas un acte inactif, au contraire, il est un acte actif tout au long de notre vie. D’ailleurs, des études montrent que les lecteurs vieillissent mieux ! Il est impossible de parler de la lecture sans aborder la question de l’école, qui est le premier lieu de la lecture, qui doit être stimulé afin de pousser les élèves à s’y intéresser et surtout il ne faut pas qu’elle y devienne une corvée pour les élèves.
Mes souvenir d’école me mènent à dire, que c’est rare un enseignant d’école ou de l’université m’avait conseillé de lire un ouvrage. Même au lycée, je n’ai pas eu l’occasion d’avoir une lecture obligatoire, comme les résumés des livres, ou autres. Seulement les ouvrage de l’école, qui sont souvent studieux et difficiles d’y accéder au sens.
Heureusement, j’ai eu un entourage stimulant. Mon expérience de la lecture s’est accélérée lorsque je suis arrivé à l’université, c’était une rencontre avec un étudiant, qui adorait la littérature, à force de lui parler, je suis entré dans son univers et dans l’univers de la lecture. Désormais, je suis devenu un client fidèle des libraires de la ville de Sétif, surtout celle du vieux marché couvert.
Un jour, un cousin, professeur d’ école, m’avait dit : « à quoi servent-elles toutes tes lectures, en particulier philosophiques ! ». Des années plus tard, je lui ai répondu : « Ces livres ont transformé  ma vie, ils m’ont ouvert les yeux vers d’autres horizons et surtout vers la pensée de l’autre. ».
Nos jeunes écrivains mondialement répandus, qui sont de la même génération que la mienne, Kamel Daoud et Salim Bachi, ont abordé comment la lecture les a transformés et surtout leur a ouvert leurs yeux au monde extérieur, à l’autre, qui est représenté comme une menace.
Désormais, à force de lire, accéder à la pensée de l’autre facilite la communication et nous converge dans l’universelle. Comment répandre la lecture, quand un livre coûte dans les 1200 DA ! Quand les bibliothèques municipales sont quasi-absentes ! Quand la politique du livre est prisonnière du budget ! La chaine de la lecture pour la remettre en place prendra plus du temps que de la faire disparaitre ! L’urgence est de réconcilier les élèves à la lecture et lui en faciliter son entrée dans l’espace public, c’est-à-dire, les bibliothèques des quartiers, des villages, etc., avec une mise à jour des ouvrages, création des prix littéraires afin d’en faire émerger des nouveaux auteurs, et enfin la chaîne de vente doit-être résolue définitivement, car la lecture est un enjeu civilisationnel et non pas uniquement un passe-temps !
Yazid HADDAR

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