CE « PLUS JAMAIS » QUI TUE…

dans A la Une/Actualité/Le mot d'Azwaw O

Qui est cet enfant
Que traîne l’errance ?
À qui appartient-il
À la nuit d’avant les temps
Au jour d’après
La nuit des temps ?

Cet enfant…
L’aïeul de son sourire
Ne sourit point
Comme lui
Il a appris à devenir
Le père
De ce qu’ il n’est plus !

Sept existences orphelines
Le soupçon d’un instant
Juste le temps
Que « La veuve » invisible
Fasse baisser les yeux
A la toile nocturne
D’un jour écorché vif

Le couperet tombe
Et jette une vie
Celle des autres
Chez l’autre
Sans la sienne
Aux oubliettes
Pourtant…..
Chez l’autre
Chez tous les autres
C’est chez lui aussi

C’est lui !

Il était une fois…

Une main
Un rêve de gamin
Une déflagration
Des larmes
Du sang
Le regard d’une exécution
Et puis tout
Et puis rien…
Comme tu vois
Je revois tout
Et son contraire
À la fois…

Quand tes paupières fermeront
Ses yeux à l’ailleurs
Dans tes yeux
Je dormirai sous ta peau
Pour la nuit éternelle
Je redeviendrai ton enfant
Et tu redeviendras ma mère
En attendant…
Je continue à marcher
Les pieds dans les larmes du soleil
Étalé sur une mer
Assoiffée d’eau !

Je tends ma main vers le ciel
Pour cueillir une larme
Et boire de sa lumière…
Il se fait tard !
Brasier crépusculaire
Le soleil n’a plus sommeil
La nuit brûle !
Les rêves meurent
Je ne dormirai pas sous ta peau
Je ne serai plus jamais
Ton enfant
Tu ne seras plus jamais
Ma mère…

Mes mots te demandent pardon
Pour l’insolence de l’Amour
Qui fait flammes de toi en moi
J’ai juste besoin
D’éteindre ses feux
Pour pouvoir enfin dormir
A l’ombre de l’emblème
De ton souvenir…
A l’ombre de l’emblème
De son avenir
Dans les yeux des enfants
Qui habitent déjà
Demain et ses mondes…
Az.O.

Illustration : « La Veuve » du peintre algérien M’hamed Issiakhem. Huile sur toile, © Musée d’Art Moderne d’Alger

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