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La prise d’otages de Trèbes réveille la menace terroriste en France

dans A la Une/Actualité/International

La prise d’otages menée vendredi dans un supermarché de Trèbes (Aude, sud de la France) par un homme, qui a fait trois morts et quatre blessés, a réveillé en France la menace terroriste qui pèse sur le pays depuis les attentats de 2015.

Le président Emmanuel Macron a affirmé, vendredi après-midi à partir de Bruxelles où il a participé à un sommet européen, que la “menace” terroriste restait “élevée” sur le territoire français.

Il a expliqué que les assaillants “peuvent être influencés, avoir des liens avec Daech (organisation terroriste autoproclamé “Etat islamique”) ou avec d’autres forces extérieures relevant du terrorisme”, soulignant que la France n’est “plus dans une situation comme il y a 2 ou 3 ans où nous étions face à des offensives menées depuis la zone irako-syrienne sur notre territoire”.

“Vous avez beaucoup d’individus qui se sont radicalisés eux-mêmes, qui ont des profils psychiatriques variés, certains qui relèvent de pathologies, d’autres non”, a-t-il ajouté.

Le preneur d’otages, abattu par les forces de sécurités à l’issue d’un assaut qui a duré une dizaine de minutes, est un Marocain de 26 ans répondant au nom de Redouane Lakdim, “connu pour des faits de petite délinquance”, selon le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

Le ministre a précisé qu’il était suivi et les services concernés dans la lutte contre le terrorisme ne pensaient “qu’il n’y avait pas de radicalisation, mais il est passé à l’acte brusquement”.

Selon des informations données par le ministre, le preneur d’otages a auparavant tiré sur un policier CRS qui faisait son jogging dans la ville de Carcassonne, le blessant à l’épaule, braqué un automobiliste le blessant par balle avant de tuer le passager du véhicule. Mais tout porte à croire qu’il a agit seul, selon le ministre de l’Intérieur.

Ces attaques ont fait au moins 3 morts et 4 blessés, dont un gendarme et un militaire qui étaient à l’intérieur du supermarché au moment de la prise d’otages.

Juste après la prise d’otages, le Premier ministre Edouard Philippe avait estimé que tout laissait “penser qu’il s’agirait d’un acte terroriste”, dans une situation où la France est confrontée depuis les attentats de 2015 à une menace terroriste constante, notamment avec la destruction en Irak et en Syrie de Daech.

La prise d’otages intervient quatre mois après la fin de l’état d’urgence, décrété au lendemain des attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre 2015 qui ont fait de 130 morts et des centaines de blessés, un dispositif qui a donné suite à une nouvelle loi beaucoup plus musclée dans la lutte contre le terrorisme, une priorité pour le gouvernement.

En raison de la menace terroriste qui s’inscrit dans la durée, le gouvernement a mis en place, le 9 mai 2016, un nouveau Plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme (PART) qui comprendre 80 mesures qui vont de la prévention de la radicalisation, aux activités de renseignement jusqu’à la planification antiterroriste.

Deux projets d’attentats, contre une enceinte sportive et des militaires, ont été déjoués en France au début de l’année 2018, selon les derniers chiffres des services de sécurité, alors que vingt autres ont été évités au cours de l’année 2017.

Les autorités françaises redoutent le retour dans leur pays les terroristes français ayant rejoint les groupes terroristes en Syrie et en Irak qui, selon des chiffres officiels communiqués en 2016, étaient plus de 1900.

Gérard Collomb avait indiqué que 217 personnes majeures et 54 mineurs français, dont 20 % de femmes adultes, sont rentrés en France en 2017.

Plusieurs autres terroristes français ont été arrêtés sur les lieux des combats au Moyen-Orient.

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