LA PRISON SCOLAIRE !

dans A la Une/Actualité/Les Mots de Idir Tazerout

Rachid Boudjedra peut se consoler de sa mésaventure de « la caméra cachée » made in Ennahar, cette dernière de sa bêtise et… Said Bouteflika du ratage de son apparition aux côtés du premier cité, histoire de faire le jongleur avec une chaîne à la solde de la sale besogne.

En visite au centre d’examen à l’Etablissement de rééducation et de réadaptation, nomination édulcorée de la prison d’El Harrach, Tayeb Louh, le ministre la Justice et garde des Seaux, a déclaré toute honte bue que « pour cette session, 3.710 détenus passeront l’épreuve du Baccalauréat contre 3.257 candidats l’année dernière, et ce, grâce au programme de formation dans le domaine de l’enseignement général et de l’enseignement professionnel tracé par le secteur de la Justice ».

À elle seule, cette sortie médiatique résume une vision carcérale de la société,entretenue par les décideurs du régime algérien vis-à-vis des enfants du peuple. Une telle déclaration, faite la vieille d’un nouvel épisode d’un Bac n’ayant plus que le nom est sensée entretenir l’illusion d’une « maison en verre » où les dirigeants se metent au diapason de ce qui se fait dans le monde « civilisé ».

Sauf que, dans le monde  » civilisé », un ancien ministre des Affaires étrangères ne devient pas Président de la République avant de se muser en hologramme présidentiel de la chaise vide, un ancien ministre du détournement de la rente pétrolière ne bénéficie pas de l’absolution via les zawiyya pour se faire le donneur de leçons, on ne fait pas d’un autre ancien ministre des Affaires étrangères pris « la langue dans le pot miel de la mangeoire le président d’un Conseil Constitutionnel abonné à l’absence institutionnelle. Enfin, fermons la parenthèse avant l’inamovible Secrétaire général de la dicilité UGtéenne, Abdelmadjid Said Said, ne « casse le Ramadhan » à coups d’injures et d’insultes.

Dans tout ce mélange de Harira et de Chorba (Ramadhan oblige), un ministre se réjouissant d’une augmentation palpable de détenus-candidats au Bac, cela n’a rien d’une blague ramadhanèsque. C’est qu’ « en haut », ils ne badinent pas avec « l’incarcération instructive ». Il y a lieu de le dire ainsi puisque le fameux Louh d’une Justice téléphonique frappée des Sceaux de l’informel clanique, s’en lui-même réjouis depuis Alger, la capitale, de « l’augmentation chaque année du nombre des candidats au baccalauréat dans les établissements pénitentiaires ». Pour ces candidats déjà derrière les barreaux, le ministre de « leur » justice est allé encore plus loin dans sa « bêtise ».

Ne boudant pas son plaisir, il a annoncé la mise en place d’ un « plan judicieux » de prévention et de lutte contre la cybercriminalité pour faire face aux fuites des sujets des épreuves du baccalauréat. Un « plan judicieux », selon ses dires, « permettant de faire face à toute fuite en temps réel grâce à l’identification de l’auteur ».

Bien sur, un plan qui permet également à la justice de prendre immédiatement des mesures juridiques à l’encontre du fraudeur conformément à la loi. » Donc, à suivre cette logique, l’Ecole produit des tricheurs au BAC et la prison des bacheliers.

A ce degré de la bêtise, il faut reconnaître à Louh le mérite d’avoir renversé Victor Hugo. « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons », disait ce dernier.

Le Louh de la justice algérienne vient de lui infliger un camouflet à titre posthume. En effet, les clanoctares algériens estiment qu’il n’y a aucune différence entre une École carcérale et une Prison scolaire.

Du moins, c’est ce qu’ils ont réussi à mettre en place en Algérie. Nos dirigeants autoproclamés aiment bien les boules bien faites des têtes de jeunes algériens sorties des chaudrons des prisons.

Pour eux, plus de prisons font plus de bacheliers et d’universitaires ! Enfin, quand on fait de l’École une prison de l’esprit, il n’y a qu’un pas de l’indignité à franchir pour faire de la prison un exemple de réussite scolaire.

 

Idir TAZEROUT

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